L'histoire de Pulnoy

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Des origines gallo-romaines

L’auteur expose les deux interprétations toponymiques léguées par l’histoire.

Selon Dom Calmet, savant du XVIII° siècle, Pulnoy/Pulnetum est un dérivé de pullus (poulains) probablement élevés à proximité.

Au milieu du XX° siècle, M. AMMANN, un linguiste pulnéen ayant participé à l’élaboration du Trésor de la langue française, propose une interprétation s’appuyant sur le dictionnaire topographique du département de la Meurthe publié en 1862 sous la direction d’Henri LEPAGE. La dénomination la plus ancienne serait villa Purneriaca (1027), suivie de Purneroy (1238) et de Pullenetum (1342). Purneriaca serait alors un dérivé du latin prunum (prune) ou prunus (prunier).

« Quelque que soit l’origine étymologique du nom de Pulnoy, aucun doute n’est possible quant à son origine historique ». En effet, des fouilles archéologiques ont attesté d’une occupation gallo-romaine à partir du II° siècle. Pulnoy était alors située sur le chemin dit des Romains qui reliait Léomont à Dieulouard.

Pulnoy au Moyen-âge

La plus ancienne mention de Pulnoy remonte à 1027, date à laquelle l’empereur Conrad confirme la donation du village de Purneriaca à l’abbaye bénédictine de Bouxières aux Dames. La servitude de Pulnoy à l’abbaye dure jusqu’en 1346, date à laquelle les Dames de Bouxières renoncèrent aux profits de la cure de Seichamps et de l’église de Pulnoy pour les céder au chapitre Saint-Georges à Nancy.

Pulnoy sous l’Ancien Régime

En 1555, le cardinal Charles de Lorraine anoblit son premier valet de chambre Jean de Pullenoy, ainsi autorisé à ériger un colombier et à porter l’écu et ce malgré le mécontentement des dames de Bouxières.

En 1567, le duc Charles de Lorraine prononçe l’affranchissement de Mengin, le frère de Jean de Pullenoy, en charge héréditaire, l’office de Grand châtreur de Lorraine (vétérinaire en chef de la province).

Nicolas, fils de Jean, devenu commis des Finances rachète à Charles III de Lorraine tous les droits que le duc possédait encore à Pullenoy (1585).

La guerre de Trente Ans, la peste et les épidémies décimèrent la population de Pullenoy. En 1637, seul un habitant survécu : le moitrier de l’abbesse de Bouxière, qui continuait à percevoir des droits seigneuriaux. Ainsi, chaque habitant versait au terme de Pâques, une taille de 26 gros et un cens de deux francs pour l’ascensement (la mise à disposition) d’un communal. Les habitants devaient également aux chanoinesses une corvée perpétuelle, le droit de troupeau et le droit de colombier.

Nicolas de Pullenoy, devenu conseiller d’Etat, Auditeur des comptes et Trésorier Général des Finances rachète aux chanoinesses tous ces droits en 1607.

La fortune de Nicolas lui permet d’acquérir de nombreux fiefs. En 1625, il rend « foy et hommage au duc de Lorraine pour les seigneuries de Haudonviller, Nebing, Cercueil, Hénaménil, Deuville, Villacourt, Sommerecourt et évidemment Pellenoy ». Son fils Errard lui succéda comme sieur de Pullenoy mais se noya le jour de la Toussaint 1644. La seigneurie de Pullenoy échut alors à la famille de Joseph Balthasard de Rennel, seigneur de Mehoncourt et président de la chambre du conseil de ville de Nancy. En 1690, l’héritage des Pullenoy passe aux mains de François Joseph Lefebre, seigneur de Saint-Germain, seigneur de Pullenoy pour les deux tiers. L’autre tiers relevant de l’autorité de la famille de Rutant, de la seigneurie de Saulxures.

Jusqu’à la Révolution Française, les deux familles se partagent la seigneurie de Pulnoy, qui en 1708 comptait 58 habitants.

Pulnoy pendant la Révolution et l’Empire

Le cahier de doléance de Pulnoy est signé par les 22 chefs de famille de la commune, qui rassemble 98 habitants. La stagnation des eaux de pluie empêchant l’accès à l’église constitue le problème principal consigné dans ce cahier de doléances établi le 11 mars 1789.

« Il ne semble pas que le village se soit passionné pour ou contre les idées nouvelles ». Ainsi durant la période révolutionnaire « aucun fait exceptionnel signale la petite communauté de Pulnoy aux chroniqueurs » à l’exception de l’arrestation des chefs de la famille de Rutant, accusés d’avoir une correspondance secrète avec les émigrés. Charlotte de Rutant sera condamnée à mort le 5 octobre 1793. Les habitants de Pulnoy signèrent en vain une pétition destinée à soutenir leur seigneur. Le père et le frère de Charlotte, Pierre-Louis et André, ont été emprisonnés et libérés après la chute de Robespierre. André de Rutant devient en 1850, maire de Saulxures. A la mort de ses deux fils, la dynastie des de Rutant s’éteignit.

Le premier conseil municipal de Pulnoy est élu 29 prairial de l’an VIII (1799) et placé sous l’autorité de son maire François BAZAGUET. Nicolas PINGLE, régent de l’école est alors chargé du secrétariat. La commune de Pulnoy ne possédant pas de mairie, les séances du conseil se tenaient alors au domicile du maire. Les décisions prises concernaient alors les troupeaux et les obligations vis-à-vis de l’instituteur. François VRION a été le premier maire de Pulnoy (1792). En 1795, Louis MARCHAL lui succéda. Toutefois, ces maires ont été désignés par les autorités révolutionnaires et non élus par les habitants. Désavoué par son conseil qui vote une indemnité de 24 francs à l’instituteur pour remplir ses fonctions de chantre, François BAZAGUET démissionne le 18 pluviose de l’an XII. Louis MARCHAL lui succède par arrêté préfectoral.

En respect du Concordat, le curé de Seichamps reçoit la mission de desservir la paroisse de Pulnoy et obtient pour accomplir sa mission un traitement de 200 francs par an.

Pulnoy au XIX° siècle

Pulnoy épouse les évolutions de son temps. Ainsi ses habitants accueillent « sans réticence » tour à tour la Restauration, la monarchie de juillet, la seconde République, le second Empire et la III° République.

Les Bourbons reprennent la direction de la France à la défaite de Napoléon à Waterloo (1814). Pulnoy est contrainte d’accepter la présence et l’entretien pendant près d’un an, d’un cantonnement bavarois. Les années de Restauration permettent toutefois à Pulnoy de renouer avec la prospérité. En témoigne le baptême des cloches de l’église en 1826.

En août 1830, Pulnoy « accueille favorablement » l’avènement de Louis Philippe et constitue dès le 20 août une garde nationale composée de 16 volontaires. Les Pulnéens jaloux de leur indépendance, refuseront d’intégrer la garde nationale de Saulxures.

A la chute de Louis-Philippe, les Pulnéens dansent autour de l’arbre de la liberté, planté sur la place du village. Les Pulnéens s’enthousiasment alors pour l’élection de Louis-Napoléon Bonaparte à la présidence de la République. Les membres du conseil municipal, à l’exception de Joseph GAUVIN, prêtent serment de fidélité au président. La même confiance est accordée à Louis Napoléon BONAPARTE après son coup d’état du 2 décembre 1851. La période impériale est marquée par les réaménagements du clocher de l’église dédié à Saint Quentin, qui menace alors de s’effondrer.

En 1870, éclate la guerre entre la France et la Prusse. A Pulnoy, François BEAU est élu maire et accomplit la lourde tâche de faire accepter aux Pulnéens les clauses du Traité de Francfort. La Prusse victorieuse impose au département de la Meurthe le paiement d’une contribution de 750 000 francs en réparation du pont de Fontenoy-sur-Moselle que des francs tireurs vosgiens ont fait sauter. Cette somme doit être réunie immédiatement et toutes les communes sont contraintes de verser leur contribution. La Prusse annexe l’Alsace et la Moselle et annonce aux territoires qu’elle occupe encore, dont celui de la Meurthe, qu’ils seront libérés seulement lorsque l’indemnité de guerre de 5 milliards de franc-or sera honorée par la France. Ainsi, Pulnoy est occupée par les Allemands jusqu’en 1873. Le gouvernement militaire allemand règne alors en maître sur la Lorraine et multiplie les réquisitions imposées aux communes. « Las d’être mis en cause par ses administrés à chaque nouvelle exigence de l’occupant, François Beau démissionne en juin 1871 ». Claude THOMAS est alors proclamé maire par les habitants, mais après 20 jours seulement, il démissionne. Pierre KREMER est alors élu maire de Pulnoy. Sa première décision est de proposer au conseil le vote d’une somme de 50 francs accordée aux habitants de la commune de Fontenoy-sur-Moselle, incendiée par les Prussiens.

En 1875, le conseil municipal de Pulnoy applaudit les lois constitutionnelles, qui fondent la III° République, puis en 1882 applique les lois Ferry rendant l’école laïque, gratuite et obligatoire. Le traitement de l’instituteur étant à la charge des communes, la somme de 900 francs est alors prélevée sur le budget communal.

En 1889, l’instituteur est tenu de rédiger une monographie communale dans le but d’établir un recensement de la population et un inventaire du patrimoine. Pulnoy se compose alors de 32 maisons et 111 habitants. L’instituteur précise que « les habitants ne s’occupent que de la culture des terres. Ils sont fort laborieux, sobres et de mœurs simples, robustes et tous dans une position aisée. Ils sont presque tous unis par le lien de la parenté. L’harmonie règne entre eux ». L’inventaire confirme l’existence d’une source située sous l’église de la commune.

Pulnoy au XX° siècle

Les habitants se passionnent modérément pour le progrès : pompes à godets, seaux suspendus à la poulie, téléphone (la première cabine est installée dans la mairie-école en 1902). Ils renoncent difficilement au projet d’une gare et de la création d’une ligne ferroviaire qui devait relier Pulnoy à Champigneulles et à Jarville.

Les Radicaux s’imposent au conseil municipal qui accepte sans conflit les clauses de la loi de Séparation de l’Eglise et de l’Etat. Sous l’impulsion de l’instituteur, les radicaux constituent une des sections les plus actives de la Fédération radicale et radicale socialiste. Les vertus sont affirmées à Pulnoy avec « une telle fougue », que l’agence Havas fait souvent « connaître à la France entière la teneur de certains messages pulnéens ». Le nom de Pulnoy sera encore cité en exemple en 1913, par la société centrale d’agriculture, pour avoir procédé à un remembrement efficace de son territoire agricole.

La célébration de la République s’accompagne d’une affirmation du patriotisme, qui passe par la préparation militaire. En avril 1908, l’achat d’une carabine par l’école est le point de départ d’un engouement pour le tir avec la création de la société de Tir de Pulnoy nommée « les Tirailleurs » est située à l’emplacement de l’actuelle rue du Tir. Le rayonnement de cette association est régional. En 1912, c’est le préfet lui-même qui préside la distribution des prix.

L’année 1911 est marquée par les dénominations des rues, qui sont encore celles portées par les rues du centre de Village. Seul changement, la rue Ferry sera renommée rue de la République dès 1911.

Pulnoy est impliquée dans la guerre dès août 1914 avec la bataille du Grand Couronné qui fut « l’une des plus âpres parmi celles livrées dans les premiers mois de la guerre ».  La victoire française éloigne la menace de l’occupation allemande et Pulnoy « devient un village de cantonnement de l’état-major du 2° secteur du dispositif de la défense nationale ». La présence de ces militaires rend prospère les trois débits de boissons pulnéens dans lesquels on « apprend à dire pinard pour le vin rouge ».

En 1919, aucun monument aux morts n’est érigé pour rappeler le souvenir des Pulnéens tombés au champ d’honneur. Parmi eux, le caporal Edmond BOURDIN blessé mortellement le 9 mai 1915 lors des combats de l’Yser, Gabriel MARCHAL disparu au Bois le Prêtre le 11 décembre 1914, René QUENETTE mort à Craonne le 27 avril 1917, et Edmond ALEXANDRE tué à Erfeuil le 8 octobre 1918.

Les années d’après guerre sont des années de quiétude et de progrès avec l’installation du réseau électrique en 1922, l’apparition de la première automobile possédée par Monsieur GODFRIN. La même année, le Grand Prix de Lorraine traversera la commune de Pulnoy pour la plus grande joie des enfants du village. En 1923, l’entreprise SOLVAY installe un transporteur monocâble « le plus long et le plus puissant d’Europe » destiné à relier la carrière de Maxéville aux usines de Dombasle. Ce transporteur marquera le paysage de Pulnoy jusqu’en 1985.

Pulnoy a connu l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale. Les seuls faits marquant durant cette période concernent la répression allemande qui fit deux victimes, deux ouvriers agricoles qui ont payé de leur vie leur refus de se soumettre aux exigences de l’occupant.

Les années d’après guerre sont placées sous le sceau de la modernité avec les premiers travaux d’adduction d’eau, l’inauguration de la nouvelle mairie-école (1957) à l’emplacement de l’actuel espace associatif. Pulnoy comptait alors 120 habitants, dont 28 élèves. Jusqu’en 1962, Pulnoy est un village de 112 habitants à dominante rurale.

Les premiers pas vers l’urbanisation à partir de 1962

Armand TOSETTO devient maire de Pulnoy en 1960 au moment de la réalisation de la 1ère tranche de lotissements proposés par la Société Logeco. Saulxures et Seichamps venaient de doubler leur population, « Pulnoy ne pouvait plus rester un petit village qui s’étiole ». Dans le même temps, les laboratoires Séro-biologiques s’installent rue de Seichamps dans des bâtiments modernes afin de développer leur fabrication de produits dermo-pharmaceutiques.

L’arrivée de nouveaux habitants pose à la municipalité des difficultés nouvelles. Parmi celles-ci, la forte augmentation d’élèves à scolariser. Ainsi, la construction d’un nouveau groupe scolaire de 4 classes est achevée pour la rentrée 1963. Dès 1969, un second bâtiment est nécessaire pour accueillir les enfants des nouveaux pulnéens. L’école maternelle est édifiée dans l’axe des deux groupes scolaires de la Moissonnerie en 1972.

La deuxième difficulté liée à l’arrivée de nouveaux habitants concerne l’adaptation du réseau de distribution d’eau réalisé en 1958 pour une population inférieure à celle de 1962. Afin d’assurer une distribution suffisante en eau potable, la construction d’un château d’eau débute en 1964 et met ainsi un terme aux nombreuses récriminations de la population.

Après le réseau de distribution, la municipalité engage des travaux d’assainissement d’autant plus qu’à Pulnoy la stagnation des eaux de pluie et les inondations étaient récurrentes. Le réseau d’eaux usées est revu dans sa totalité. Il faudra attendre 1971 et la construction de la station de Malzéville pour que les eaux usées soient correctement traitées et épurées.

La forte croissance démographique rend nécessaire l’agrandissement du cimetière, aménagé rue de la Grande Corvée (aujourd’hui, rue du Golf) en 1855 et complété d’un cimetière-paysager rue de Cerville en 1993.

« Le village prend un aspect de plus en plus urbain » renforcé par la construction d’un regroupement de 4 commerces, rue Albert Lebrun, achevée en 1963. Le premier est une succursale de la Coopérative de Lorraine, commerce d’alimentation qui renforce le service déjà proposé par une boucherie située rue du Bois. Le second commerce est un bar-tabac dont la licence l’autorisant à vendre de l’alcool fut longtemps limitée à cause d’une distance insuffisante avec le groupe scolaire. Le troisième magasin est une droguerie qui deviendra par la suite un salon de coiffure. La dernière cellule commerciale est occupée par une pharmacie dès le seuil des 2000 habitants atteint.

L’urbanisation de Pulnoy à partir de 1968

« L’année 1968 est la date de naissance de plusieurs lotissements »
  • Le lotissement Bel Air, rue des Flandres et d’Artois composé de 32 pavillons.
  • 7 maisons rue de Nancy
  • Le village (situé entre la rue de Saulxures et la rue du Parc) et composé 16 pavillons.
L’urbanisation transforme rapidement le village historique en une petite ville périurbaine.
  • 1969 : Cottage des près composé de 34 pavillons rue de la Vervaux et de Provence.
  • 1970 : 22 pavillons « le Parc » rue des Maix et 21 pavillons dits « Le clos »
  • 1970 : 23 maisons forment les Blés D’Or.
  • 1975 : La Cascade comprenant les résidences situées rue du Nideck, rue du Tendon et rue de Faymont.
  • 1975 : Création de  Pulnoy sous Forêt avec les rues de la Vanoise, du Vercors, de la Lorraine et des Cévennes.
  • 1976 : 8 pavillons à la Clairière.
  • 1976 : Aménagement de la Grande Haie avec les rue des Ormeaux, des Sorbiers et des Mélèzes.
  • 1978 : Lors de la construction du quartier de la Roseraie, des vestiges gallo-romains sont découverts et l’une des voierie est dénommée : rue des Romains.
  • 1978 : Les Coteaux s’organisent le long des rues du Vercors et d’Armorique.
  • 1980 : Les premiers aménagements du Val de la Masserine sont décidés. Ce quartier va contribuer à doubler le nombre d’habitants à Pulnoy. La construction d’une école élémentaire et d’une école maternelle est nécessaire (1982). Dans la foulée, le collège est inauguré (1983) et favorise l’aménagement d’un gymnase.
    Le jour même de l’inauguration du groupe scolaire de la Masserine a lieu celle du centre socio-culturel.
  • 1983 : Edification du lotissement du Grand Pré.
  • 1993 : Construction de 47 pavillons locatifs rue de Vosges.
  • 1993 : 37 logements locatifs en ossature bois rue de Savoie.
  • 1993 : Les Hameaux du Verger, rue du Verger.
  • 1993 : Aménagement d’une ZAC de 9 hectares à proximité du Golf, comprenant notamment la résidence du Bourg (54 logements locatifs) et d’un secteur commercial rassemblant différents commerces.
  • 1999 : Orée du Bois
  • 2006 : Les Sables.

En savoir plus

Couverture Livre Maurice DARDAINE a publié en 1996 l’ouvrage de référence consacré à Pulnoy, « l’histoire d’un village devenu ville… ou une ville à la campagne ».

Le résumé présenté ci-contre s’appuie sur les recherches de Maurice DARDAINE.